Pétition à la Chambre des communes

ICHRP-Canada

La Coalition internationale pour les droits de l’homme aux Philippines (ICHRP) – Section Canada est un réseau mondial d’organisations préoccupées par la situation des droits de l’homme aux Philippines. Nos membres se sont engagés à faire campagne pour une paix juste et durable dans le pays. La coalition vise à informer la communauté internationale de la grave situation des droits de l’homme aux Philippines.

MiningWatch Canada

MiningWatch Canada collabore en toute solidarité avec les communautés autochtones et non autochtones qui sont aux prises avec des activités minières qui affectent leurs vies et leurs territoires. Nous coopérons aussi avec les travailleurs miniers qui revendiquent des conditions de travail sécuritaires et un traitement équitable.
ICHRP-Canada et MiningWatch Canada ont lancé cette pétition en raison de notre inquiétude face à la détérioration de la situation des droits de la personne aux Philippines depuis 2016.
En réponse aux attaques croissantes contre les civils et les défenseurs des droits de la personne, nous cherchons à faire en sorte que:

Depuis l’élection de Rodrigo Duterte, les exécutions extrajudiciaires ont augmenté en partie à cause de la campagne contre les drogues mise en œuvre peu après l’élection de Duterte et des campagnes de contre-insurrection lancées après que le gouvernement a mis unilatéralement fin aux pourparlers de paix avec le Front démocratique national (NDFP).

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et Global Witness ont récemment fait part de leurs préoccupations concernant l’augmentation des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et du ciblage des défenseurs des droits de l’homme, de l’environnement et des terres autochtones. Souvent, ces défenseurs des droits sont affiliés au parti communiste des Philippines et sont soit arrêtés en tant que prisonniers politiques, soit tués en raison de leur militantisme basé sur les droits, qui est présenté comme une opposition au régime de Duterte.

Compte tenu de ces circonstances, le Canada ne devrait pas vendre de matériel militaire et fournir une coopération en matière de défense aux Philippines. En 2019, le Canada a délivré des « refus de licence d’exportation de biens et de technologies militaires, à double usage et stratégiques » à l’égard de quatre pays sur la base de la « politique étrangère et de défense canadienne », les Philippines devraient être ajoutées à cette liste.

Nous sommes également préoccupés par les entreprises canadiennes opérant dans des pays où des violations flagrantes des droits de la personne se produisent, en particulier les sociétés minières canadiennes opérant aux Philippines.

Le 6 avril 2020, une centaine de membres de la police nationale philippine ont dispersé violemment 29 résidents, principalement des autochtones Ifugao, qui maintenaient la barricade populaire et pacifique de Didipio, qui avait été autorisée par les gouvernements municipaux et provinciaux le 1er juillet 2019. Rolando Pulido a été battu et arrêté ; d’autres ont été blessés.

Cet événement a été déclenché par la société canadienne OceanaGold qui a demandé l’approvisionnement de trois camions de carburant afin de maintenir les opérations de base de la mine Didipio et qui ont, par conséquent, brisé le blocus. La mine Didipio, située à Nueva Vizcaya, est en exploitation depuis 2013, mais son accord d’assistance financière et technique a expiré en juin 2019 et n’a pas été renouvelé. Avec le soutien des gouvernements municipaux et provinciaux, les citoyens et les communautés locales s’opposent au renouvellement du permis en raison des violations des droits de l’homme liées à l’exploitation minière, de la dégradation de l’environnement et des impacts négatifs sur les moyens de subsistance locaux.

Enfin, nous sommes préoccupés par le manque de soutien efficace du personnel consulaire canadien envers les défenseurs des droits de la personne et de l’environnement menacés en raison de leurs efforts pour protéger les droits humains dans le contexte des opérations à l’étranger des entreprises canadiennes, et du manque de mécanismes de responsabilisation efficaces au Canada pour tenir les entreprises canadiennes responsables lorsqu’elles ont causé ou contribué à des violations des droits de l’homme à l’étranger.

Lorsque les villageois de Didipio ont rencontré le personnel de l’ambassade canadienne à Manille en 2018, après avoir été injustement affiliés au CPP-NPA en raison de leur opposition aux opérations d’OceanaGold, ils n’ont pas reçu la protection qu’ils demandaient, malgré la menace connue à laquelle ils étaient confrontés en tant que défenseurs des droits humains.

Nous demandons à la Chambre des communes de :